Dernière mise à jour : janvier 2025 | Temps de lecture : 12 minutes
Le TJM (Taux Journalier Moyen) est le tarif facturé par un freelance pour une journée de travail. C’est l’un des éléments les plus structurants de l’activité indépendante : trop bas, il compromet la rentabilité ; trop élevé, il peut freiner l’acquisition de clients.
Pourtant, de nombreux freelances fixent leur tarif au hasard, en se basant uniquement sur ce qu’ils voient autour d’eux. Résultat : certains se sous-vendent pendant des années, tandis que d’autres n’arrivent pas à décrocher de missions.
Ce guide présente une méthode structurée pour calculer un TJM cohérent, basé sur des critères objectifs : revenus cibles, charges, jours travaillés, et positionnement marché.
Pourquoi le TJM est si important ?
Le TJM détermine directement le chiffre d’affaires et donc le revenu net. Une erreur de 50€/jour sur le TJM représente, sur 200 jours facturés, une différence de 10 000€ par an.
Un TJM bien calibré permet de :
• Atteindre ses objectifs de revenus sans s’épuiser
• Couvrir l’ensemble de ses charges (cotisations, matériel, formation…)
• Se positionner correctement sur le marché
• Dégager du temps pour la prospection, la formation, les congés
• Valoriser son expertise à sa juste valeur
La méthode en 5 étapes pour calculer son TJM
Étape 1 : Définir son revenu net cible
La première question à se poser : combien souhaitez-vous gagner net par mois (ou par an) ? Ce montant doit couvrir vos besoins personnels : loyer, alimentation, loisirs, épargne, etc.
Exemple : Vous visez un revenu net de 4 000€/mois, soit 48 000€/an.
Conseil : soyez réaliste mais ambitieux. Comparez avec votre ancien salaire si vous étiez salarié, en gardant à l’esprit que vous n’aurez plus de congés payés ni de cotisations employeur.
Étape 2 : Calculer le CA nécessaire
Le revenu net n’est pas le chiffre d’affaires. Il faut ajouter les charges sociales, les impôts et les frais professionnels pour obtenir le CA nécessaire.
| Statut | Charges sociales | Coefficient |
| Micro-entreprise | ~22% du CA | x 1.5 à 1.7 |
| EURL à l’IS | ~45% du net | x 1.8 à 2.0 |
| SASU | ~80% du CA | x 2.2 à 2.5 |
| Portage salarial | ~50% du CA | x 2.0 à 2.2 |
Exemple en micro-entreprise : Pour un revenu net de 48 000€, il faut un CA d’environ 48 000 x 1.6 = 76 800€.
Étape 3 : Estimer le nombre de jours facturables
Un freelance ne facture pas 365 jours par an. Il faut retirer les week-ends, les jours fériés, les congés, les jours de prospection, de formation, d’administratif et les périodes d’intercontrat.
| Élément | Jours |
| Jours ouvrés dans l’année | ~252 jours |
| Congés (5 semaines) | – 25 jours |
| Jours fériés | -8 jours |
| Maladie, imprévus | -5 jours |
| Prospection, admin, formation | -20 jours |
| Intercontrat (périodes sans mission) | -15 jours |
| TOTAL JOURS FACTURABLES | ~180 jours |
Conseil : les freelances débutants surestiment souvent le nombre de jours facturables. Mieux vaut être conservateur (150-180 jours) et ajuster ensuite.
Étape 4 : Calculer le TJM de base
La formule est simple :
TJM = CA nécessaire ÷ Nombre de jours facturables
Exemple : 76 800€ ÷ 180 jours = 427€/jour
Ce TJM de base est le minimum en dessous duquel il ne faut pas descendre pour atteindre ses objectifs financiers.
Étape 5 : Ajuster selon le marché
Le TJM calculé doit être confronté à la réalité du marché. Plusieurs facteurs influencent le tarif acceptable :
• L’expérience : un junior facture moins qu’un senior
• La spécialisation : une expertise rare se paie plus cher
• Le secteur : la finance paie mieux que l’associatif
• La localisation : Paris vs province
• Le type de client : grand groupe vs startup vs TPE
• La durée de la mission : un engagement long peut justifier un tarif réduit
